Museum Herxheim | Introduction en brève

 

Museum Herxheim

Steinzeit und Kulturgeschichte

 

Une introduction en brève à l'exposition Neolithique

 

Le début d’une nouvelle époque: La néolithisation de l’Europe centrale

Les nouvelles formes économiques impliquant la sédentarité, l’agriculture, l’élevage de bétail et la fabrication de la céramique se sont développées durant des centaines d’années au Proche-Orient. A partir de 7000 av. J.C., cette façon de vivre totalement nouvelle s’est propagée en empruntant différentes voies vers l’Europe.

Après la dernière glaciation, l’Europe était habitée par des groupes de chasseurs-cueilleurs. Cette période qui s’étend jusqu’au début du Néolithique s’appelle le Mésolithique. Il est assez facile de retracer la diffusion du style de vie néolithique le long des côtes méditerranéennes ainsi que par la Porte de Fer le long du Danube. Partout où apparaît ce système économique en Europe centrale, il y est déjà bien développé. Il manque toutefois les périodes de transition qui auraient été typiques de l’intégration de cette culture par un peuple autochtone. C’est pour cette raison que l’on vraisemblablement peut exclure que la diffusion des idées et technologies nouvelles se soient effectuées seulement par les voies commerciales habituelles, sans la migration des hommes. Il faut plutôt partir du principe qu’il y a eu plusieurs vagues de colonisation au cours desquelles des groupes d’humains ont conquis de nouvelles régions d’habitat. Encore aujourd’hui nous ne pouvons savoir avec certitude comment ces deux groupes, d’un côté les chasseurs-cueilleurs autochtones et de l’autre côté les paysans migrants, ont réagi lors de leur rencontre. Il est possible d’envisager un scénario marqué par de nombreux conflits violents au cours duquel les Rubanés se seraient finalement imposés. Le plus vraisemblable est une coexistence pacifique entre ces deux groupes, jusqu’à ce que les chasseurs-cueilleurs autochtones changent peu à peu leur façon de vivre pour assimiler celle du néolithique.

 

Des ossements brisés, des calottes crâniennes et des poteries cassées

Dans le complexe de fosses de Herxheim on trouve beaucoup de concentrations d’ossements humains brisés, des outils de pierre cassés, des morceaux de récipients fabriqués à partir de céramique et des ossements d’animaux. Ces derniers n’apparaissent dans les fosses du village qu’à partir de la fin de la première période néolithique. Cette découverte est jusqu’à présent unique pour toute la Préhistoire.

Les concentrations des découvertes, appelées « complexes », contiennent pour la plupart des ossements humains et des récipients en céramique qui ont été cassés selon un procédé particulier. Des outils fabriqués à partir de silex, des lames de herminette en pierre, des moulins à grains, différents ossements d’animaux, des outils fabriqués à partir d’ossements et des bijoux complètent les complexes. Ainsi, une grande partie de la culture rubanée connue provient de ces concentrations.

Il est intéressant de remarquer que presque tous les récipients ont été détruits intentionnellement avant qu’ils ne soient recouverts de terre. On reconstitue facilement la plupart des récipients avec les morceaux de céramique.

Les ossements humains constituent la découverte la plus spectaculaire des complexes. Leur état est dû apparemment au procédé très précis que les Rubanés ont appliqué. Ils ont dû d’abord démembrer les corps des morts et séparer la chair des os. Ensuite, les ossements ont été découpés avec force en plusieurs petits morceaux. Ils ont séparé les parties inférieures des crânes pour fabriquer les parties hautes des crânes, les calottes crâniennes. La mandibule a souvent été coupée en deux avec violence.       

Mais apparemment, tous les corps n’ont pas subi ce procédé de démembrement. A plusieurs endroits des cercles de fosses se trouvaient des parties de corps intactes et même des corps encore complètement intacts. De plus, il existe un certain nombre de crânes intacts qui n’ont pas été utilisés pour la formation de calottes crâniennes.

Nous avons dénombré environ 500 corps humains dans les concentrations lors des fouilles de 1996 à 1998. Les archéologues ont découvert les restes de 50 morts supplémentaires durant la nouvelle fouille de 2005 à 2008. Compte tenu du fait que les complexes n’ont été fouillés qu’à 50%, le nombre total des corps humains de Herxheim pourrait s’élever à 1000.